Environnement

Comment la ville de Chaumont prend soin de ses arbres et de ses forêts ?

Les arbres font partie du quotidien Chaumontais : ceux que l’on longe en allant au travail, ceux sous lesquels on pique-nique, ceux qui bordent nos avenues depuis parfois plusieurs générations. Ce patrimoine est vivant, précieux, et il demande une attention de tous les instants.

Les effets de la canicule sur notre patrimoine arboré

Les observations de cet été

Comme dans bon nombre de régions en France, le patrimoine arboré de Chaumont a été fortement impacté par la canicule de cet été. Ses conséquences sont d’ores-et-déjà visibles et pourraient encore se faire sentir dans les prochaines années, voire sur plusieurs générations d’arbres.

Le jaunissement précoce des feuillages, associé à une chute de feuilles bien avant l’automne, sont autant de signes indiquant un stress hydrique important : en perdant une partie de leur feuillage, les arbres réduisent leu besoin en eau pour survivre à la période de sécheresse.

Toutes les essences ne réagissent pas de la même façon

Certaines essences se montrent particulièrement sensibles à cet épisode : c’est le cas des charmes, des érables et des hêtres, qui perdent déjà une part importante de leur feuillage. D’autres résistent mieux : les tilleuls, les sophoras ou des essences privilégiées depuis une dizaine d’années dans les aménagements de la Ville, semblent mieux supporter la chaleur. Cet écart confirme l’intérêt de diversifier les essences plantées.

Les jeunes plantations, une surveillance de tous les instants

Les jeunes plantations sont quant à elles, surveillées de près. En effet, les arbres récemment plantés sont plus vulnérables. Ainsi, chaque arbre planté en ville entre 2023 et 2025 reçoit environ 100 litres d’eau par semaine. Une surveillance rapprochée qui dure environ 3 ans après la plantation.

Les arbres adultes : une résistance qui a ses limites

Les arbres adultes, certes, plus résistants, peuvent résister à un épisode de sécheresse isolé mais beaucoup plus difficilement à des épisodes répétitifs. D’autres facteurs environnementaux interviennent également : tempêtes, gel, attaques de parasites… et viennent parfois s’ajouter et cumuler les fragilités.

La gestion de nos arbres et de nos forêts, aujourd’hui et demain

Face à ces constats, la Ville et ses partenaires sont proactifs.

Qui fait quoi ? Ville, ONF et entreprises spécialisées

Trois acteurs se partagent la gestion du patrimoine arboré de Chaumont :

  • Les équipes municipales assurent le suivi quotidien et l’entretien des arbres en ville.
  • L’ONF apporte son expertise et accompagne la gestion forestière, à travers des plans de gestion, des patrouilles et des conseils.
  • Enfin, des entreprises spécialisées interviennent lorsque les travaux nécessitent des moyens ou des compétences particulières.

Le cycle de gestion

La gestion de nos forêts s’appuie sur un document de gestion, établi pour une durée de 15 ans et courant actuellement jusqu’en 2032 à Chaumont. Ce document, contractuel entre la Ville et l’ONF, fixe le programme des travaux et des coupes sur l’ensemble de cette période. Il peut être révisé en cours de route si une adaptation majeure s’impose.

La gestion de notre patrimoine arboré repose sur un cycle continu : observer, diagnostiquer, entretenir, sécuriser et renouveler.

En ville, environ 300 arbres sont inspectés chaque année par ONF Vegetis, prestataire mandaté par la Ville. Les interventions sont décidées selon l’état de l’arbre, son niveau de dépérissement et surtout les risques qu’il peut représenter pour les personnes et les biens. Lorsque cela est possible, l’entretien et l’élagage permettent de préserver l’arbre. L’abattage n’est envisagé qu’en dernier recours, lorsque le dépérissement est irréversible. En forêt, l’ONF accompagne la Ville dans ses décisions.

Depuis 4 ans, la Ville plante davantage d’arbres qu’elle n’en abat, avec 50 à 60 nouvelles plantations chaque année. L’objectif est notamment d’augmenter l’indice de canopée*, actuellement de 10 %, afin de renforcer l’ombrage, la fraîcheur, la biodiversité et la gestion naturelle des eaux de pluie. Le choix des essences privilégie la diversité, la rusticité et leur adaptation au changement climatique. Une place majoritaire est laissée aux feuillus offrant un bon ombrage.

La gestion du patrimoine arboré de la ville de Chaumont s’inscrit donc pleinement dans sa politique One Health – une seule santé : chaque arbre planté, chaque arbre mort laissé en place pour la faune, chaque essence choisie pour sa rusticité, participe, à son échelle, à cette approche globale de la santé.

*Indice de canopée : L’indice de canopée mesure la part du territoire recouverte par le feuillage des arbres, vue du ciel, un peu comme un « toit vert » au-dessus de la ville. Il prend en compte les arbres de plus de 2 mètres de haut, le même seuil que celui utilisé pour le suivi du patrimoine arboré de la Ville. Plus cet indice est élevé, plus les bénéfices pour les habitants sont importants : ombrage en été, rafraîchissement de l’air, absorption des eaux de pluie, amélioration de la qualité de l’air et refuge pour la biodiversité.

Le patrimoine arboré de la Ville en chiffres

5 700 arbres en ville (sont pris en compte ceux de plus de 2m de haut)
1 300 ha de forêts communales
26 ha pour la seule forêt de Saint-Roch
Plus de 90% des forêts communales et de la ceinture verte gérées avec l’appui de l’ONF
50 à 60 arbres replantés chaque année en ville
10% d’indice canopée aujourd’hui, en progression