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Le Centre international du graphisme

31 mai 2013, salle n°2 du cinéma multiplexe. Un parterre de politiques, femmes et hommes de culture, étudiants, s’installe. L‘écran blanc annonce le programme : « Le Centre International du Graphisme avant ses murs. » Sur l’estrade, les élus en charge du projet ; Etienne Hervy, directeur artistique du pôle graphisme et du festival ; le cabinet d'architecture Moatti-Rivière, l'agence Café Programmation, et Barbara Dennys, venue témoigner de l’expérience de la Cité du Design de Saint-Etienne.

Dès l’automne, les premiers coups de pelleteuse seront donnés aux abords de l’ancienne Banque de France, décor habituel du quotidien des Chaumontais. Et c’est bien là le fil rouge de cette rencontre : aussi rayonnant soit-il à l’international, le CIG devra aussi être l’affaire des habitants : « Ce ne sera pas un musée, ni un cercle pour initiés, explique-t-on. Ce sera un centre d’art à la pointe du graphisme international, en même temps qu’un lieu de convivialité urbaine.

Ça n’existe pas ailleurs. C’est un ovni qu’on va créer de toutes pièces. » Un ovni dont l'agence Moatti-Rivière a imaginé les contours. Giovanna Carrer explique à grand renfort de plans : « Poétiquement nous avons appelé l’espace d’exposition Le Château de cartes, avec ses pans de mur fins et hauts de 18 mètres. »

Du sol en mosaïque au plafond graphique, le CIG prend corps dans l’esprit du public. « Mais la commission scientifique a pensé qu’il y avait peut-être trop de rigidité dans le projet initial, poursuivent les représentants de l’agence Café Programmation. Alors nous avons eu l’idée de ce grand café, avec ses banquettes à l’ancienne et ses deux grandes tables de douze mètres de long. » L’idée ? Décloisonner le graphisme, convier le spécialiste et le profane ; le public inter-national et local.

La formation en question

Ainsi l’enrobage a-t-il été présenté. Mais c’est sur le fond que le public s’est montré le plus curieux. Une étudiante s’interroge : « Vous parlez d’un espace de formation. En quoi va-t-il consister ? » Jean-Claude Daniel, président de l’ORCCA, poursuit dans cette voie : « La formation continue des graphistes pourrait être un moteur puissant pour l’avenir. » Autant de questions et remarques sur la mission d’enseignement d’un CIG qui se veut plus qu’un simple musée. « Pour l’heure, répond Etienne Hervy, l’espace formation est plutôt pensé comme un centre de ressources, mais pas une école d’art. »

De son côté Elisabeth Allaire admet que si la partie exposition du projet est bien développée, celle concernant la recherche, l’innovation et l’enseignement reste encore à travailler. « Qui allons-nous accueillir ? Pourrons-nous délivrer des Unités de valeur ? C’est le travail du comité scientifique de se poser ces ques-tions. » Il reste deux ans pour y travailler, entre sérénité et excitation, sans aucun doute.

Un lieu qui a du sens

Le projet  de l’agence Moatti-Rivière est  composé de grands plans posés dans la ville. L’architecture emprunte sa typologie à celle de l’univers du graphisme, aux objets et aux supports investis depuis toujours et jusqu’à aujourd’hui par cet Art : affiche -  feuille - page - écran - panneau.

Ces grands plans sont réalisés en pierre. Ils composent les murs et les toitures. Ils sont rendus abstraits par leur minceur,  composés de panneaux de 12cm d’épaisseur : pierre en parement et âme en nid d’abeille d’aluminium. Cette matière rigide offre à la pierre sa finesse. Ces plans juxtaposés ou superposés se rapprochent ou s’éloignent. Entre eux, s’installent de grands pans de verre, vastes surfaces que l’on peut clore par des rideaux. Ainsi, depuis la ville, on entrevoit l’intérieur du lieu.

Pierre et verre composent des ensembles simples ou complexes pour répondre aux différents rôles des façades dans la rue :

  • sur les angles, ils composent un ensemble sériel qui marque par sa monumentalité le signe public de l’édifice, 
  • sur l’allée de la gare, ils sont simplement juxtaposés en redents,  
  • trois feuilles plus hautes que les autres offrent leurs surfaces à des installations monumentales, dans des articulations stratégiques : à la sortie de la gare, à l’entrée de la ville rue de Verdun, au cœur du CIG face à la place des Arts. 

Fiche technique du projet

  • Surface utile : 2 460 m2
  • Espaces d’accueil : 255 m2
  • Salles d’expositions : 310 m2 et 685 m2
  • Atelier de sérigraphie : 175 m2
  • Atelier de formation : 370 m2
  • Centre de documentation : 190 m2
  • Gestion : 240 m2
  • Logistique : 175 m2

Maître d’ouvrage : Ville de Chaumont – Haute-Marne
Missions : architecture, muséographie, graphisme et signalétique
Livraison : 2015

Equipe de maitrise d’oeuvre : agence Moatti-Rivière (architecture et muséographie) / Polymago (graphisme et signalétique) / RFR (BET structure) / Inex (BET fluides), Les sentinelles des collections (conservation préventive) /Bureau Michel Forgue (économie de la construction) / Vincent Taurisson (multimédia et audiovisuel) / Lumières Studio (concepteur lumière) / Avel (acoustique).

 

 

Graphisme à Chaumont, international et convivialité (pdf - 3,45 Mo)

Géolocalisation

Latitude : 48.110734 Longitude : 5.135250

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