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Jardin Agathe Roullot

Le Jardin Agathe Roullot, c'est beaucoup plus qu'un espace vert pour les Chaumontais. C'est aussi un projet récompensé par un prix spécial "Coup de coeur du jury" dans le cadre du concours départemental des villes et villages fleuris.

Engagée dans une politique de grands travaux, la collectivité a plusieurs fers au feu. L’ accent est mis sur l’urbanisme en général et l’habitat en particulier par le biais, notamment, de la requalification de certains quartiers. Ce volet comporte un projet bien particulier : la création d’une vaste zone verte de 2,5 hectares en lisière du Cavalier. L’ ancienne carrière et l’espace boisé sont les deux principaux éléments constitutifs du Jardin Agathe-Roullot. Il s’agit là d’une opération inédite pour la ville qui n’avait encore jamais aménagé un si grand espace vert intra-muros. 

La Ville a confié le soin à Pascale Jacotot de créer un jardin aux multiples facettes. Une entreprise qui n’est pas pour déplaire à cette architecte paysagiste dijonnaise, auteur de plusieurs jardins remarquables et remarqués créés en particulier dans la capitale bourguignonne. Pascale Jacotot, immédiatement séduite par le lieu, a proposé un projet qui prend en compte la globalité de la friche, avec les éléments forts que sont sa position dans la ville, sa topographie et son histoire. Situé à la lisière du centre-ville « ancien » et des quartiers « neufs » (Cavalier et Rochotte), le JAR veut être un trait d’union entre ces deux secteurs en favorisant les « migrations » des habitants. D’où l’importance accordée par l’architecte paysagiste aux portes d’entrée, voulues comme une invitation à la découverte d’un site « magnifié ». Le site dans lequel le JAR prend place n’est pas une petite Suisse. Cependant, la présence du « trou » de l’ancienne carrière donne l’occasion de concevoir un jardin en terrasses. Chaque niveau a une « fonction » particulière : aire de convivialité et de détente, jardins partagés et jardins potagers, verger expérimental. Entre ce vaste secteur, dont l’aspect va radicalement changer, et l’actuel bois Roullot, on trouve une zone intermédiaire à la place des vieux garages préfabriqués.« Un jardin est ancré dans le présent, il évolue au fil des saisons. Un jardin raconte aussi le passé car il appartient au patrimoine. » Pascale Jacotot a prévu deux éléments qui le rappellent aux visiteurs. Les « jardins du rail », avec leurs traverses de chêne, évoquent la « mémoire du lieu » et sa relation avec la construction du viaduc. Même démarche avec le « jardin des stèles ». Les sculptures de pierre font référence au travail des carriers mais aussi à la biodiversité du lieu, symbolisée par différents animaux. L ’aménagement du parc devrait donner lieu à des travaux pratiques et pédagogiques avec des lycéens pour la signalétique, certaines plantations… L’installation d’un verger et de jardins partagés devrait susciter non seulement un brassage d’idées mais aussi des rencontres sur le terrain pour faire vivre ce nouvel espace public.

La famille Roullot et ChaumontL’histoire de la famille Roullot et celle de Chaumont sont étroitement liées. Les Roullot possédaient la ferme de La Folie implantée sur ce qui est aujourd’hui Le Cavalier. La carrière fut spécialement ouverte pour approvisionner en moellons le chantier du viaduc, édifié en 1855 et 1856. Les pierres extraites de la carrière étaient transportées par des wagonnets tirés par des chevaux. Des rails avaient été posés à cet effet entre la carrière et la vallée de la Suize. Un siècle plus tard, la famille Roullot céda à la Ville une vingtaine d’hectares sur lesquels on allait construire les barres et les tours du Cavalier. Par la suite, la Ville devait recevoir en legs le bois Roullot, tandis que la carrière devenait une piste de bicross et un terrain de jeux.

Une paysagiste séduite  par le siteArchitecte paysagiste DPLG, Pascale Jacotot est installée depuis 1995 à Dijon (agence Sequana Paysage) après avoir travaillé dans l’équipe de l’architecte parisien Paul Chemetoff. Elle a signé un certain nombre de réalisations dans l’agglomération dijonnaise. Les propositions d’aménagement du site du Cavalier ont séduit la municipalité qui l’a donc retenue pour créer le jardin Agathe-Roullot. L’endroit a véritablement « tapé dans l’œil » de la paysagiste : « Ce site a son identité. C’est ce que j’appelle le génie du lieu. » Pascale Jacotot insiste sur la concertation qui doit absolument s’installer entre tous les protagonistes en pareil cas. Elle est très sensible au dialogue. « Je m’oblige à ne pas dessiner tout de suite mais d’abord à rencontrer les gens. Et puis je me permets d’investir les lieux. »

 

Une mémoire gravée dans la pierre

Comme un témoignage de l'ancienne carrière du Cavalier, un chemin de stèles évoquant le travail de la pierre et la diversité animale serpente au cœur du jardin Agathe Roullot (jAR). Un projet confié au sculpteur Guillaume Duc. 

« En parlant avec les habitants, je me suis rendu compte que beaucoup d’entre eux n’avaient pas conscience de l’histoire de ce lieu », explique  Pasacle Jacotot, l’architecte-paysagiste en charge du projet. C’est ainsi que l’idée d’un « chemin des stèles » est née. 22 bornes-sculptures en pierre représentant les animaux du jardin bordent l’allée principale du JAR tel un parcours ludique pour sensibiliser les enfants, mais aussi tous les publics, tous les visiteurs, à la biodiversité. Afin de « rendre visibles les entrées », et d’honorer l’histoire de l’ancienne carrière d’où furent extraites des pierres pour la construction du viaduc, quatre stèles ont été également installées. 

Il s’agit de quatre blocs de pierre brute d’environ 2 m de haut. La première stèle porte de simples traces d’extraction, la deuxième les empreintes des différentes techniques de taille et, pour la troisième, d’anciens outils sont incrustés dans le bloc. La dernière stèle représente la dualité entre la pierre et l’Homme. Guillaume Duc, un sculpteur basé en Bourgogne, a été choisi pour réaliser ce projet. Des pierres, des animaux, de l’histoire et de l’art pour un parc familial et urbain, qui a tout de suite séduit le sculpteur aux 25 années d’expérience. 

Avec un père professeur de dessin et une mère styliste, Guillaume Duc était prédestiné à devenir un jour, à son tour, artiste. Après deux années auprès des compagnons du Devoir à restaurer bâtiments et cheminées de prestige – comme celles de l’hôtel George V à Paris – et l’école nationale des Beaux-Arts de Besançon, celui qui, petit, passait son temps dans l’atelier de son papa a pris le large, direction l’Italie, pour apprendre les différentes techniques de sculpture avec « les meilleurs ». Avec le JAR, le sculpteur a choisi de relever un nouveau challenge

Biodiversité et savoir-faire

Envisagé comme une « restauration écologique »,  le Jardin Agathe Roullot mise sur la biodiversité tout en profitant des savoir-faire locaux  pour la mise en valeur du site.

Si le projet du Jardin Agathe Roullot mise sur la convivialité pour rapprocher les habitants – aire de jeux, de détente, jardins partagés –, il doit permettre également de réparer et d’enrichir les écosystèmes du site. Pascale Jacotot, l’architecte-paysagiste a mis un point d’honneur à conserver l’âme du lieu et tout ce qu’il avait à offrir. La partie boisée en lisière du parc a été conservée. Une soixantaine de variétés y sera plantée pour apporter un plus aux organismes vivants déjà présents. Dans le verger, des espèces anciennes voire oubliées comme le cormier, le cognassier ou le néflier seront plantés aux côtés des pommiers et poiriers. Arbres fruitiers, arbustes, plantes et autres fleurs sélectionnés contribuent à restaurer la biodiversité. Tous les végétaux choisis sont adaptés à nos conditions météorologiques, en effet pour préserver nos ressources, seule l’eau de pluie sera utilisée.

Transmettre les savoir-faire

Tout autour des jardins partagés, une haie croisée d’osier vivant a été réalisée par le lycée horticole et le CFPPA, l’école nationale d’osiériculture et de vannerie de Fayl-Billot. « Ce petit élément de biodiversité, comme le décrit Bruno Louisy, le directeur de l’exploitation horticole, a l’avantage d’être un végétal particulièrement local et d’évoluer au fil des saisons ».Une trentaine d’élèves en 2de et 1re Bac pro, stagiaires en brevet professionnel, ont également « tressé » une pergola d’entrée et des huttes s’ouvrant sur les jardins et l’extérieur. À l’occasion de cette opération, ils étaient encadrés par sept professionnels et du personnel de l’exploitation horticole de Fayl-Billot. « Notre but est d’amener nos étudiants à réaliser des activités professionnelles à l’extérieur de l’établissement, explique Bruno Louisy.  Le parc Agathe Roullot était donc un chantier pertinent qui nous a permis de transmettre des savoir-faire et l’apprentissage des différentes techniques de plantations. » Un osier vivant qui, contrairement aux habitants, a bien profité de ce printemps pluvieux, et qui n'attend plus que promeneurs et jardiniers...

Un jardin accessible à tous

Trait d’union entre le centre-ville et le Cavalier, le JAR a pour objectif de tisser un lien entre les habitants. Les personnes à mobilité réduite, les mamans avec leur poussette ou encore les personnes âgées n’ont pas été oubliées. Une rampe de 50 m a été prévue afin de pouvoir se promener aisément tout au long du parc et profiter de ses différentes terrasses. Les carrés potagers – à partager sans modération – ont des hauteurs différentes : près du sol pour les tout-petits et surélevés pour s’adapter à un fauteuil roulant et éviter aux personnes âgées de se baisser. « C’est un projet magnifique qui va générer de belles rencontres intergénérationnelles, indique Thierry Arm, chargé de mission pour l’Association des Paralysés de France. Ce ne sont pas des gens à part. Ils aiment se balader, dès l’instant qu’ils peuvent le faire sur un terrain accessible. »

Vive le vent !

Le Jardin Agathe Roullot se construit jour après jour, avec les entreprises et les services de la Ville de Chaumont. Une éolienne agricole a pris place à proximité des jardins potagers, elle permettra de puiser l’eau de pluie collectée depuis la toiture des tennis couverts situés à quelques dizaines de mètres, et stockée dans une cuve enterrée d’une capacité de 50 m3. Traditionnellement utilisée en milieu rural, elle permettra ici une économie d’énergie et un pompage d’eau écologique à moindre coût conformément aux engagements de la Ville en matière de développement durable.

Géolocalisation

Latitude : 48.1025774 Longitude : 5.137964399999987 Adresse : Jardin Agathe Roullot 52000 Chaumont

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