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Valoriser et faire vivre le patrimoine - AVAP

Publié en juin 2015
En avant pour l’AVAP !
L’Aire de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine (AVAP) de Chaumont va remplacer, dans le courant de l’année prochaine, l’ancienne Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager (ZPPAUP) en place depuis 1995. Une évolution qui dépasse le centre ancien pour se pencher sur d’autres quartiers de la ville et qui intègre le paysage, donnée majeure à Chaumont. Rencontre avec Luc Savonnet et les architectes de son cabinet,  chargés de conseiller la Ville dans cette démarche.  

 

Chaumont Info : Luc Savonnet, votre cabinet d’architectes a bouclé la phase de diagnostic en vue de l’AVAP. Quelles en sont les grandes lignes ? 
Luc Savonnet : Le premier point marquant, c'est l'approche plus globale du patrimoine du territoire communal en prenant en compte les aspects liés au paysage, à la topographie, à la qualité du site. C'est une donnée majeure à Chaumont. 
Nous nous sommes interrogés sur les manques du diagnostic ZPPAUP de 1995, nous avons évalué le règlement avec ses difficultés d'application. C'est une réflexion critique sur les 20 ans passés qui nous a conduits à apporter des compléments et à faire des enquêtes parcelle par parcelle.  Nous avons aussi eu des visites de site, et des échanges avec les élus et les services de l'Etat. 
Dans le cadre de la ZPPAUP, le patrimoine du XIXe, du XXe siècle, celui lié à l'industrie, ainsi que le patrimoine plus tardif, comme les lotissements américains n'étaient pas pris en compte. Le secteur comprenait grosso modo le centre ancien et certains faubourgs. Il s'arrêtait en dessous du viaduc et on avait un isolat avec Brottes, alors que ce village a un intérêt en vis-à-vis avec la vallée de la Suize. 

Chaumont Info : Quels sont les intérêts pour une ville de se lancer dans cette démarche ? 
Luc Savonnet : D'abord il s'agit de préserver et de mettre en valeur son identité. Le patrimoine est ce qui fonde l'identité d'une ville. A Chaumont, le pavage calcaire ou les escaliers hors d'˙uvre  - les tourelles - en sont deux exemples. Ces particularités ont été un peu délaissées, pas forcément de manière intentionnelle. 
Notre expertise fait valoir ce qu'on pressentait : la ville de Chaumont est belle, il y a de vraies richesses. Le bâti, même simple, a des qualités. Il faut être un peu attentif à celles-ci, les regarder avec intérêt, prendre soin de leur entretien. Quand on regarde avec un ˙il neuf, plus de la moitié du chemin est faite.

Chaumont Info : Le patrimoine, ce n’est pas que les propriétés privées. Il y a aussi la question de l’espace public…
Luc Savonnet : Nous avons arpenté la ville et constaté que les espaces publics souffraient un peu de leur vétusté, de l'hétérogénéité de leur traitement et des revêtements de sols. 
Il faut que la Ville puisse donner l'exemple. Nous avons à Chaumont des espaces publics qui ont de la valeur. Il faut renforcer leur qualité par un traitement homogène et recréer une cohérence de traitement. Il y a une volonté de la puissance publique de s'appliquer à elle-même les prescriptions de l'AVAP et d'en être la locomotive.

Chaumont Info : L’AVAP peut être perçue comme une contrainte. Que pouvez-vous nous en dire ?
Luc Savonnet : Même si l'AVAP est une servitude d'utilité publique, elle doit pouvoir ouvrir sur des projets. Il faut se donner des outils pédagogiques, un guide de bonnes pratiques pour expliquer comment faire pour bien faire. Il faut voir l'AVAP comme un outil positif, permettant la mise en valeur tout en protégeant. L'idée n'est pas de figer les choses mais de les accompagner. Il ne faut pas mettre le patrimoine sous cloche, opposer protection et développement urbain. On peut avoir une architecture contemporaine mais bien intégrée.

Chaumont Info : Cette démarche, c’est aussi la mise en valeur des propriétés privées dans un cadre harmonieux. 
Luc Savonnet : Chacun est détenteur d'un morceau de patrimoine. L'idée est que les Chaumontais viennent voir les services de la Ville avant de monter leur projet pour des conseils plutôt qu'après pour une autorisation, alors que les financements sont déjà bouclés et les devis réalisés. Les services de la Ville sont avant tout au service de la population.
Il y a aussi une pédagogie à avoir auprès de tous les acteurs du patrimoine, comme les entreprises, les agents immobiliers, les notaires, les propriétairesº qu'il faut mobiliser autour de ces questions. Sans eux, on aura beau donner les meilleures prescriptions du monde, elles resteront lettre morte. Il faut fédérer !

Chaumont Info : Dans la démarche AVAP, il y a aussi un important volet développement durable et énergies renouvelables. En quoi cela consiste-t-il ? 
Luc Savonnet : Depuis 1995, il y a eu une prise de conscience environnementale. Dans la démarche AVAP, il y a une prise en compte du développement durable et des énergies renouvelables. La législation évoluant, notamment la loi sur la transition énergétique, les collectivités ne peuvent plus interdire ou empêcher les dispositifs liés au développement durable, sauf à être dans un périmètre protégé. C'est aujourd'hui un enjeu dans tous les sites patrimoniaux.  Les soucis portent essentiellement sur les capteurs solaires et l'isolation thermique par l'extérieur. Une grande partie du diagnostic a porté sur ces questions ainsi que sur une approche environnementale qui traverse la totalité de l'étude, avec les questions de perméabilité des sols, de l'éclairage public...

En complément :
Planning prévisionnel de la procédure AVAP (pdf - 264,79 ko)

Diagnostic AVAP (pdf - 23,85 Mo) (phase 1)

 

Une commission pour porter l’AVAP

La commission locale est une instance consultative obligatoire dans la procédure AVAP. A Chaumont, elle est présidée par Frédéric Roussel, adjoint au maire chargé de l’urbanisme, de la cohérence territoriale et de l’environnement.

Collège d’élus  :
- Monsieur Frédéric ROUSSEL, adjoint au maire,
- Monsieur Gérard BOQUILLON, adjoint au maire,
- Madame Véronique NICKELS, adjointe au maire,
- Madame Isabelle FENAUX, adjointe au maire,
- Monsieur Didier COGNON, conseiller municipal,
- Madame Béatrice JELHE, conseillère municipale,
- Monsieur Patrick VIARD, maire délégué de Brottes,
- Madame Bérangère ABBA, conseillère municipale,

Collège des personnes qualifiées  :
- Monsieur le Président de la Chambre de Métiers ou son représentant,
- Madame la Présidente de l’UCIA de Chaumont ou son représentant,
- Monsieur le Directeur du CAUE de la Haute-Marne,
- Monsieur Jean-Marie ROBERTY représentant l’association du Vieux Chaumont,

Représentants de l’Etat  :
- Monsieur le Préfet du Département ou son représentant,
- Madame la Directrice Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement ou son représentant,
- Madame la Directrice Régionale des Affaires Culturelles ou son représentant,

Siégeant avec voix consultative
- Monsieur Arnaud DESCHAMPS, Architecte des Bâtiments de France,
- Madame Claire BAILLY, Paysagiste conseil de la DDT 52,
- Madame Céline BRASSEUR, Directrice de l’Office de Tourisme du Pays de Chaumont en Champagne.

 

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