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La basilique est entre de bonnes mains

Pierre-Antoine Gatier a été sélectionné pour assurer la maîtrise d’oeuvre des premiers travaux de restauration de la basilique Saint Jean-Baptiste. Rencontre avec cet architecte reconnu pour son expertise et sa participation à la restauration de bâtiments prestigieux.

Chaumont Info : Pierre-Antoine Gatier, pouvez-vous nous préciser vos missions sur ce vaste chantier de restauration ?
Pierre-Antoine Gatier : La basilique a été parmi les premiers édifices à obtenir le statut juridique de monument historique (liste de 1862). La Ville de Chaumont m’a confié une mission de maitrise d’oeuvre pour les travaux de restauration de la basilique Saint Jean-Baptiste, dont elle est propriétaire. Il s’agit d’une première tranche de travaux décomposée en trois phases :

1> Travaux d’urgence et de mise aux normes du système de sécurité incendie
2> Assainissement des abords et gestion des eaux pluviales
3> Travaux de révision et restauration des toitures.

 

 

C.I. : Restaurer sans dénaturer, c’est un véritable enjeu ?
P-A G. : La basilique Saint Jean-Baptiste est une richesse archéologique et historique. Il est donc important de préserver cet édifice remarquable et de partager son histoire. Pour cela notre approche se veut respectueuse du monument et de son histoire, intégrant une démarche de restauration en conservation, prenant en compte l’ensemble du monument et ses évolutions dans le temps, de sa conception à nos jours. Une attention particulière sera portée sur les travaux effectués par le service des monuments historiques au cours du XIXe siècle, en particulier les toitures en dalles de pierre recouvrant les bas-côtés et le déambulatoire. Nous analyserons également la philosophie des travaux réalisés par nos prédécesseurs, notamment par Jean-Michel Musso architecte en chef, lors de la grande campagne de travaux des années 1980 et 1990, en respectant ces ouvrages. Bien que nous défendions une restauration en conservation, pour assurer le maintien de cet édifice historique nous ferons appel à des mises en oeuvre contemporaines (descentes eaux pluviales, drains, équipements de sécurité).

 

C.I. : Quelles sont les principales difficultés que l’on peut rencontrer sur ce type de projet ?
P-A G. : La première difficulté de l’architecture de la basilique Saint Jean-Baptiste est son intégration dans le site : peu de place pour la circulation, peu de dégagements au chevet entrainant des problèmes d’humidité. Mais c’est une chance exceptionnelle d’avoir préservé la continuité entre le monument et son tissu urbain.
L’autre difficulté est sa complexité archéologique, approfondie dans le cadre de l’étude de diagnostic réalisée en 2018 par l’agence d’architecture ACV. Nous serons à l’écoute de cette richesse patrimoniale et développerons une approche globale de l’édifice, nous permettant ainsi de fonder notre projet sur une connaissance fine de l’ouvrage.

 

C.I. : Quelles sont les priorités de ce chantier ? En quoi consisteront les premiers travaux ?
P-A G. : La priorité identifiée par la Ville est d’assurer la sécurité de l’édifice. Or, un édifice aussi ancien que la basilique a forcément des problèmes de vieillissement de ses matériaux (chutes ponctuelles d’ardoises, de pierres, de vitraux). Grâce à ce programme d’intervention, nous pourrions mettre fin à ces risques. Il s’agira des premiers travaux à engager.

C.I. : Vous avez débuté votre carrière dans la Marne et en Haute-Marne. Ce chantier à Chaumont est en quelque sorte un retour aux sources. Comment envisagez-vous ce chantier chaumontais ?
P-A G. : En revenant à Chaumont, je redécouvre la qualité remarquable du savoir-faire des maîtres d’art intervenus dans la basilique (charpentiers, couvreurs etc.). Les ouvrages réalisés par le service des monuments historiques et, tout particulièrement, par mon prédécesseur J-M. Musso sont dans un état de conservation exceptionnel.
La basilique est un enjeu crucial pour la réactivation du coeur de ville. J’ai le sentiment qu’il ne s’agit pas uniquement de restaurer « la pierre », mais aussi « l’âme » de ce coeur de ville.

 

 

 

PIERRE-ANTOINE GATIER
ARCHITECTE EN CHEF
DES MONUMENTS HISTORIQUES

Pierre-Antoine Gatier est né en 1959. Il est diplômé de muséologie à l’École du Louvre en 1983 et de l’École de Chaillot en 1987. Major du concours d’architecte en chef des monuments historiques en 1990, il crée son agence l’année suivante. Il y est entouré de 23 collaborateurs, architectes, architectes du patrimoine, architecte-ingénieur, historiens de l’art, paysagiste qui participent à l’élaboration des projets de restauration et de mise en valeur de grands monuments comme le Domaine de Chantilly propriété de l’Institut de France, la Villa Médicis siège de l’Académie de France à Rome, la Bourse de Commerce et l’Opéra Comique à Paris. Pierre-Antoine Gatier a été élu en novembre 2019 à l’Académie des beaux-arts, section Architecture.

 

 

 

AU COMMENCEMENT…
Les premières interventions prévues concerneront le clos et le couvert, c’est à dire l’ensemble des éléments assurant l’étanchéité à l’eau et à l’air du bâtiment, ainsi que les abords de la basilique.

3 premières phases sont ainsi prévues :
- Phase A : Interventions d’urgence et campagnes de purge 165 000 € H.T.
- Phase B :  Assainissement des abords et gestion des eaux pluviales 650 000.00 € H.T.
- Phase C :  Restauration des toitures dont celle de la sacristie 595 000 € H.T.

 

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