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| Chaumont, janvier 1944. Ici, comme partout en France occupée, on sent bien que le vent a tourné pour les forces de l'Axe qui sont désormais sur la défensive. Si l'espoir d'un débarquement prochain est dans tous les esprits, le début de l'année 1944 va ramener les Chaumontais à la dure réalité de la guerre. Après l'exécution par les Allemands de 11 patriotes chaumontais à La Vendue en mars 1944, la ville subit, par deux fois au mois de mai, les bombardements de l'aviation alliée soucieuse de détruire les infrastructures ferroviaires de la Préfecture haut-marnaise. mise à jour février 2008 Jeudi 11 mai 1944. 16h15. Les sirènes résonnent une nouvelle fois à travers la ville. Les avions alliés survolent régulièrement la cité haut-marnaise pour aller bombarder des objectifs outre-Rhin. Cette fois, les B-24 américains n'iront pas plus loin. A l'approche du débarquement, le commandement allié est décidé à perturber la logistique allemande et à détruire les infrastructures ferroviaires. Le dépôt de Chaumont est situé au carrefour de plusieurs lignes de chemin de fer. Le bombardement est de courte durée, un peu plus d'un quart d'heure. Un avion se détache, lâche une fusée, signal pour le reste de la formation que le larguage peut débuter. Plus de 100 projectiles s'abattent sur la ville. Mais le bombardement manque cruellement de précision. A défaut d'atteindre le réseau ferré, les bombes explosent plus au Sud, sur les habitations civiles. Du Clos Adonis au cimetière Clamart, les dégâts sont très importants. Les équipes de secours dégagent des maisons en ruines 25 morts. Quatre autres personnes décèdent quelques jours plus tard à l'hôpital. On dénombre enfin plus de 100 blessés. Les objectifs initiaux, gare et dépôt, sont presque intacts. |
![]() Les caves des halles ont connu une intense activité durant la Seconde Guerre mondiale. Dirigée par le commandant Fuch, la défense passive (un groupe de volontaires qui facilitaient l'abri des Chaumontais en cas d'alerte) avait choisi d'y installer son PC. De nombreux chaumontais y trouvèrent refuge au moment des alertes.
![]() Le Net est une mine d'informations. Pour preuve, le journal du lieutenant Elman, aviateur américain, membre du 376th Heavy Bombardment Group. Il y décrit en ces termes la mission qu'il effectua début mai au-dessus de Chaumont. "11 mai 1944. Mission n°6. Centre de concentration ferroviaire de Chaumont. 9 heures de vol dont 6 sous oxygène. Résultats très pauvres.Toute la journée en vol. Très fatigué. Pas de DCA, pas de chasseurs, pas de lettres." lien Les rapports quotidiens de l'aviation américaine sur les différents théâtres d'opérations sont également en ligne. lien ![]()
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![]() Février 2008, on retrouve dans un jardin de la rue du Val Barizien, une des bombes larguées sur Chaumont en mai 1944. L'engin explosif sera conditionné par les démineurs afin d'être évacué de la zone en toute sécurité. La bombe de 223 kg, contenant 134 kg de TNT sera finalement détruite par les spécialistes dans une carrière située aux environs de Chaumont.
Collection les silos. Photos. 3-0-1 Bz Archives municipales de la Ville de Chaumont "La Haute-Marne libérée" du 24/05/80 "Le Petit Haut-Marnais" du 13 et 14/05/44. "La liberté enfin !" par H. Dutailly. 1994. "Haute-Marne 1944" par le C.M. 52 Les rapports en ligne de l'USAAF Photo février 2008, Préfecture de la Haute-Marne Remerciements à Marie-Thérèse Fallay |
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Mardi 23 mai 1944. 9h30. Nouvelle alerte. Les habitants se précipitent aux abris (lire l'encadré sur les abris situés sous les halles). Les pointeurs américains sont plus précis. Un tapis de bombes s'abat sur les intallations situées autour de la gare. Les ateliers et la rotonde sont dévastés. De nombreuses locomotives sont détruites. Place de la gare, les immeubles et l'Hôtel Terminus ne sont plus que ruines. Au milieu des gravats, le silo de la coopérative agricole (actuelle médiathèque) est toujours debout. Les quartiers situés aux abords de la ligne de chemin de fer ne sont pas épargnés. Sous les décombres, 2 personnes âgées sont retrouvées rue Decomble et rue Nehemie Guyot. Par chance, le nombre des victimes est cette fois-ci plus limité. Le bilan de ce terrible mois de mai est lourd. 31 victimes, des dizaines de blessés, 216 maisons détruites et un grand nombre partiellement, plusieurs centaines de sinistrés. La peine est grande mais beaucoup de Chaumontais ont pourtant conscience qu'il s'agit là du prix à payer pour chasser l'occupant. Deux semaines plus tard, le 6 juin 44, les alliés prennent pied sur les côtes normandes. Il flotte dans les rues chaumontaises un doux parfum d'été, un doux parfum de liberté. ld |
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![]() ![]() ![]() A lire également : Henri Darré, souvenirs d'un FFI les persécutions de janvier 1944 |
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