1917, les Etats-Unis entrent en guerre aux côtés des alliés. Plusieurs centaines d'américaines sont intégrées dans l'armée en tant que téléphonistes, une fonction qui leur vaut rapidement le surnom de "Hello girl". Beaucoup de ces femmes furent stationnées au grand quartier général du Corps Expéditionnaire Américain, basé à Chaumont. Oleda Joure faisait partie de ces volontaires qui traversèrent l'Atlantique à l'appel du Général Pershing. Sa fille, Michelle Christides, nous a communiqué, depuis Miami, des archives inédites du passage de sa mère à Chaumont. Nous lui transmettons ici nos plus vifs remerciements.
L'histoire des "Hello girl" débute à la fin de l'année 1917, quand les journaux publient, à travers les Etats-Unis, un appel au volontariat du Général Pershing. Plusieurs conditions sont requises : être une femme, avoir plus de 25 ans (les femmes mariées sont acceptées mais leur mari ne doit pas être stationné en Europe), être bilingue et enfin connaître le fonctionnement des standards téléphoniques.

300 femmes sont sélectionnées pour partir en France. Plusieurs dérogent aux critères. Ainsi, dans le Michigan, à Marine, une jeune fille de 19 ans, d'origine franco-canadienne, est finalement intégrée.
Son nom : Oleda Joure.

Elle traverse l'Atlantique sur le S.S. Olympic. Le navire est placé en quarantaine à Southampton en Angleterre à cause des risques liés à la grippe espagnole. Arrivée en France, Oleda est affectée au quartier général du corps expéditionnaire du Général Pershing à Chaumont, caserne Damrémont (actuelle école de gendarmerie).
Photo ci-dessous





Militaires à part entière, les opératrices en poste gèrent les nombreuses communications entre le quartier général et les lignes de front. Là bas, les soldats américains ne tardent pas à découvrir les terribles conditions de vie des Poilus. Cantigny, Château-Thierry, St Mihiel, l'Argonne, la folle boucherie n'épargne pas les "Sammies".


De son passage à Chaumont, un secteur heureusement plus calme, ce sont surtout les inspections du Général Pershing et la visite des personnalités qui ont marqué la jeune Oleda : le Président Wilson, le Maréchal Foch, le Prince de Galles. Elle conserve quelques photos, témoignages précieux de cette époque. Groupe d'officiers en balade devant la caisse d'épargne, prise d'armes au quartier général américain, parade de la fanfare américaine dans les rues de Chaumont.

Actuelle rue Victoire de la Marne





Novembre 1918, l'armistice est signé, mais Oleda reste en France près d'une année supplémentaire. Elle doit alors s'occuper, par téléphone, des modalités de retour des soldats aux Etats-Unis.


Elle retrouve le Michigan à la fin de l'année 1919 mais elle apprend bientôt que les femmes intégrées dans l' "army signal corp operators" de l'US army ne sont pas considérées comme des vétérans. La reconnaissance n'arrive qu'en 1978, après 50 ans de démarches auprès des autorités.



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Momuments commémoratifs à Chaumont

Mémorial américain à St Aignan
Monument franco-américain 1923



Oleda Joure






Caserne Damrémont



exposition novembre 1917




Doughboy center (en anglais)

ville-chaumont.fr/emag